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Présidentielle de 2017 : effet « Front républicain » ou effet « blanc bonnet bonnet blanc » ?

L’analyse des résultats permet de constater pour le second tour de la présidentielle de 2017 des points communs avec celle de 2002 mais également avec celle de 1969.

 

Le point commun avec 2002 provient de la présence au second tour du candidat du Front national et par conséquent, en réaction, d’une mobilisation contre ce candidat qui bénéficie à l’autre candidat (Chirac en 2002 et Macron en 2017). C’est l’effet Front républicain.

 

Le point commun avec 1969 réside dans le fait que de nombreux électeurs du 1° tour ne se reconnaissent dans aucun des deux candidats du second tour et refusent de choisir. C’est l’effet « blanc bonnet – bonnet blanc ».

 

Il s’agit de deux effets a priori contradictoires, et qui pourtant ont joué l’un et l’autre à la présidentielle de 2017. Pour mesurer l’ampleur de chacun de ces deux effets, nous effectuons une comparaison entre la présidentielle de 2017 et les présidentielles respectivement de 2002 et de 1969 d’une part mais également avec les présidentielles de 2007 et 2012 qui jouent le rôle d’élections témoins (élections où a priori ces effets ne jouèrent pas).

 

Pour chacune de ces présidentielle nous comparons :

  • l’évolution de la participation électorale ainsi que du vote blanc et nul entre les deux tours
  • l’évolution des scores de chacun des deux finalistes entre les deux tours.

L’ensemble des données est exprimé en pourcentage des inscrits.

 

 

Les élections témoins : présidentielles de 2007 et 2012

 

            Les seconds tours des présidentielles de 2007 et de 2012 firent l’objet d’un face à face respectivement Sarkozy - Royal et Sarkozy - Hollande. Ils correspondent à la configuration classique d’un clivage de type droite-gauche que l’on trouve à la plupart des élections présidentielles (1974,1981, 1988…).

 

                       Présidentielle de 2007          Présidentielle de 2012

 

1° tour

2° tour

 

1° tour

2° tour

Votants

83,8

84

Votants

79,5

80

Blancs et nuls

1,2

3,5

Blancs et nuls

1,5

4,7

exprimés

83

80

exprimés

78

76

 

 

 

 

 

 

 

  • La participation électorale augmente très légèrement d’un tour à l’autre. Le second tour mobilise un peu plus que le premier tour.
  • Le pourcentage des votes blancs et nuls augmente. Certains électeurs ayant voté pour l’un des candidats n’ayant pas été sélectionné pour le second tour ne se reconnaissent dans aucun des deux finalistes. Il s’agit d’un effet « blanc bonnet – bonnet blanc », mais à très petite échelle.
  • Le pourcentage d’exprimés diminue : la hausse de la participation est plus faible que la hausse des « blancs et nuls ». Mais il s’agit d’une diminution faible.

 

  • Par ailleurs, le second tour ne modifie pas fondamentalement le rapport de force entre les deux principaux candidats, chaque candidat progressant dans des proportions à peu près équivalentes (pour ce point cf. le tableau ci-dessous)

     

 

 

                         Présidentielle de 2007          Présidentielle de 2012

 

1° tour

2° tour

 

1° tour

2° tour

Sarkozy

26

43

Sarkozy

21

37

Royal

21

38

Hollande

22

39

 

 

L’effet Front républicain : présidentielle de 2002

 

Le second tour de la présidentielle de 2002 vit s’opposer Chirac et Le Pen, suite à l’élimination de Jospin. Il se traduisit par une forte mobilisation anti-Le Pen.

 

                                              Présidentielle de 2002

 

1° tour

2° tour

 

1° tour

2° tour

Votants

72

80

Chirac

14

62

Blancs et nuls

2,4

4,3

Le Pen

12

13

exprimés

69

75

 

 

 

 

 

  • Il se produit une forte augmentation à la fois de la participation électorale (8 points) et du pourcentage des suffrages exprimés (6 points).
  • Il se produit par ailleurs d’un tour à l’autre une forte concentration des suffrages autour de Chirac (quasi-stagnation de Le Pen et multiplication par plus de 4 du score de Chirac)

 

 

L’effet blanc bonnet – bonnet blanc : présidentielle de 1969

 

Le second tour de la présidentielle de 1969 fut l’objet d’un face à face entre le gaulliste Pompidou et le centriste d’opposition Poher, le candidat communiste du 1° tour Duclos refusant de se prononcer entre les deux et justifiant ce refus avec l’expression «blanc bonnet – bonnet blanc »

 

                                               Présidentielle de 1969

 

1° tour

2° tour

 

1° tour

2° tour

Votants

78

69

Pompidou

34

37

Blancs et nuls

1

4,5

Poher

18

27

exprimés

77

64

 

 

 

 

  • la participation électorale diminue fortement (- 9 points)
  • le pourcentage de vote blancs et nuls augmente
  • le pourcentage de suffrages exprimés diminue très fortement (- 13 points)
  • en ce qui concerne les scores des candidats, Pompidou, qui n’a pas de réserves de voix, améliore faiblement son score. Mais Poher ne parvient pas à rattraper son retard du premier tour.

 

La présidentielle de 2017

 

      Le second tour de la présidentielle de 2017 fut l’objet à la fois d’un effet « blanc bonnet – bonnet blanc » et d’un effet « Front républicain »    

 

                                               Présidentielle de 2017

 

1° tour

2° tour

 

1° tour

2° tour

Votants

78

75

Macron

18

44

Blancs et nuls

2

8,5

Le Pen

16

22

exprimés

76

66

 

 

 

 

L’effet « Blanc bonnet – bonnet blanc » se reflète dans la baisse du taux de participation entre les deux tours (phénomène qui ne s’était produit qu’en 1969) ainsi que dans la forte hausse des bulletins blancs et nuls (6,5 points). Ces deux évolutions ont pour effet une forte diminution du nombre de suffrages exprimés (une baisse de 10 points).

 

En revanche, l’évolution des scores des deux candidats entre les deux tours correspond plutôt à un effet « Front républicain », mais qui n’est pas aussi fort que celui de 2002. Au premier tour, l’écart de voix entre les deux candidats est faible (2 points). L’effet concentration joue en faveur de Macron, mais de façon moins forte qu’il n’avait joué en 2002 en faveur de Chirac. Et de façon symétrique, la progression de Marine Le Pen entre les deux tours est faible (6 points), comparativement à la progression des challengers aux autres scrutins (Royal, Poher…) mais elle est plus forte que celle de son père en 2002 (1 point)

 

      De ce point de vue, si on se place du point de vue de l’électorat, la présidentielle de 2017 a permis de constater un affaiblissement du comportement de Front républicain des électeurs face au Front national, mais pas sa disparition.

 

 

Bernard Schwengler

ovipal

10 mai 2017                                                             

                                              

 



10/05/2017
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