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La Catalogne, un frein à la revendication alsacienne ?

Alors que 2013 depuis l’Alsace connait un débat quasi interrompu sur son avenir institutionnel, il est bien évidemment inévitable que les évènements actuels en Catalogne alimentent ce débat et soient utilisés par les différents protagonistes dans le cadre de leurs prises de position respectives. Il est cependant probable que, malgré les sympathies que le mouvement nationaliste catalan inspire à certaines parties de l’opinion publique alsacienne, le déroulement des évènements dans cette région ait principalement pour effet de mettre en porte à faux la revendication alsacienne.

 

Depuis l’intégration forcée de l’Alsace dans le Grand Est, la revendication alsacienne porte essentiellement sur le rétablissement de la région Alsace telle qu’elle existait jusqu’en 2014. D’une façon générale, la composante politique du régionalisme alsacien, qui est ancienne mais qui a retrouvé de la vigueur à partir de 2014 et qui est représenté de nos jours par le mouvement Unser Land, a pour revendication l’autonomie régionale (et non l’indépendance). Et dans le cadre de cette demande d’autonomie, le régionalisme alsacien avait justement l’habitude de présenter le statut d’autonomie de la Catalogne de 1978 comme un exemple à suivre. Dans un cadre plus général, la France, centralisatrice et hostile aux pouvoirs régionaux, était opposée soit à des pays ayant une structure fédérale, telle l’Allemagne, soit à des pays très fortement décentralisés, tels justement l’Espagne avec ses communautés autonomies, ou également l’Italie avec ses régions à statut particulier.

                 

La Catalogne était invoquée, avec quelques autres régions (Tyrol du sud, Val d’Aoste…) pour montrer qu’il était possible de satisfaire une revendication d’autonomie sans mettre en danger l’unité du pays, en d’autres termes, qu’il était possible de s’entendre entre gens raisonnables et modérés sur une position intermédiaire (entre l’indépendance et la centralisation). La radicalisation du régionalisme catalan, qui est devenu indépendantiste à partir des années 2010, met du plomb dans l’aile dans cette façon de voir les choses.

                 

Cette conversion à l’indépendantisme a évidemment de quoi ravir les autres régionalismes pro-indépendance, le nationalisme Corse (Guy Talamoni s’est déclaré solidaire des Catalans au lendemain de leur référendum sur l’indépendance), ou le mouvement flamand (région où s’est réfugié monsieur Puigdemont). En revanche, elle rend plus difficile et moins audible le discours des régionalistes pro-autonomie qui expliquent qu’ils ne sont pas pour l’indépendance.

                 

Et surtout, cette conversion du mouvement catalan à l’indépendantisme donne de l’eau au moulin des partisans de la centralisation et du refus des concessions. Dans le débat séculaire qui oppose en France les Girondins aux Jacobins, elle donne des arguments aux Jacobins. Et évidemment ceci ne fait pas l’affaire en Alsace des partisans du rétablissement d’une entité régionale alsacienne.

 

Bernard Schwengler

ovipal                                                                                                                                          

Le 8 novembre 2017                                                                                                                                                           

 



08/11/2017
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