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Le Grand Est peut-il être présidé par un Alsacien ?

Le Grand Est peut-il être présidé par un Alsacien ?

 

Au-delà des explications invoquant des comportements de trahison ou d’attaques personnelles, la démission de Philippe Richert montre qu’il est difficile pour un Alsacien de présider le Grand Est. Les plaies de la fusion forcée de 2014 sont encore vives et de nombreux élus, dont les présidents des conseils départements des Bas et Haut-Rhin, continuent de demander la sortie du Grand Est et la reconstitution d’une région Alsace.

Pour avoir ignoré cela et cru qu’il était possible de faire passer la pilule de la fusion en se revendiquant du pragmatisme et de la bonne gestion, Philippe Richert avait adopté, à son corps défendant, le rôle du traitre. Et comme ce rôle, qui ne correspond pas à sa personnalité, lui était insupportable, il a préféré jeter l’éponge.

Son successeur probable est Jean Rottner. Il a été désigné candidat à la présidence du Grand Est par le groupe majoritaire au conseil régional (le groupe LR-UDI-Modem-DVD)

A priori cette désignation n’allait pas de soi. Il y a quelques jours des conseillers régionaux lorrains faisaient remarquer qu’en 2015, les Alsaciens s’étaient engagés à ce que le successeur de Philippe Richert soit un Lorrain. Et comme les Alsaciens ne sont que 41 dans le groupe majoritaire sur un total de 104, il aurait été possible d’utiliser l’arithmétique pour leur rafraichir la mémoire.

En désignant Jean Rottner, le groupe majoritaire a opté pour le dauphin. Depuis quelques années, celui-ci a en effet de façon systématique mis ses pas dans ceux de Philippe Richert. Ce fut le cas en ce qui concerne les différents projets d’organisation territoriale : ancien partisan du projet de collectivité unique d’Alsace en 2013, il avait soutenu le projet de fusion Alsace-Lorraine au printemps 2014, avant d’être l’un des principaux organisateurs de la mobilisation contre le projet de grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes (il avait à ce titre lancé une pétition intitulée « Pour l’avenir de la région Alsace » qui avait obtenu près de 100 000 signatures). Et en 2015, il s’était rallié à la grande région, en même temps que Philippe Richert.

Dans un registre différent, il fut, avec Philippe Richert, l’un des seuls élus alsaciens à soutenir Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite et du centre.

Il est par conséquent très probable que les reproches adressés à Philippe Richert par les opposants au Grand Est lui seront également adressés.

En le choisissant, les conseillers régionaux du groupe majoritaire font le pari qu’il sera en mesure d’apaiser les tensions intraalsaciennes entre partisans de la sortie du Grand Est et maintien du statu quo. Le sacrifice de Philippe Richert lui facilitera sans doute la tâche.

 

Le 4 octobre 2017

Bernard Schwengler

OVIPAL

 



05/10/2017
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