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Le vote Unser Land : enfermé dans un étau politique ?

A l’évidence, la formation politique régionaliste Unser Land a su créer l’une des surprises électorales lors des dernières des élections départementales d’avril 2015 en Alsace.

 

Plusieurs éléments en témoignent : des candidats présents dans 23 cantons sur 40, alors qu’à titre de comparaison, le Parti Socialiste n’avait pas été en mesure, par exemple dans le département du Bas-Rhin, de présenter des candidats dans les cantons de Bouxwiller, Brumath, Ingwiller, Molsheim, Obernai et même Wissembourg ( !)... alors que des candidats d’ Unser Land s’y trouvaient tout ‘‘naturellement’’.

 

C’est dire à quel à quel point Unser Land a su profiter de la fronde (brillamment orchestrée par l’UMP alsacienne) et du mécontentement populaire relatifs à l’application du projet réforme territoriale porté par l’actuel gouvernement PS. Sachons ne pas oublier toutefois que l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy (UMP) prévoyait dans ses projets la suppression des départements !

 

Les candidats d’Unser Land  ont obtenu 8 % des voix en Alsace au 1er tour de scrutin avec de bien meilleurs scores dans le Haut-Rhin (+ 3,8 points) que dans le Bas-Rhin. Autre spécificité qui tendrait à l’idée de l’existence d’une « dimension identitaire transnationale » : leurs plus forts scores ont été enregistrés dans les cantons frontaliers de Wissembourg et Saint-Louis.

 

Unser Land, la nouvelle Hydre politique de l’autonomisme alsacien ?

Enfin, leur score progresse également avec la participation électorale ce qui semblerait démontrer l’existence d’une force, d’une dynamique politique qui pourrait nous amener à penser qu’Unser Land occuperait à nouveau l’espace politique du régionalisme sur le territoire alsacien pour l’avenir, à l’image des mouvements politiques autonomistes d’antan tels que le MRAL dans la décennie 1970 ou encore plus récemment avec l’UPA (Union du peuple alsacien en1988). Bref, de façon quasi-incontournable, il semblerait que le retour (permanent) de l’autonomisme politique fasse partie de manière incontournable du jeu politique alsacien. Analyse certes probable, mais aussi très incertaine.

 

A l’évidence les représentants de la formation Unser Land clament avec fierté sur leur site (http://www.unserland.org/larriere-pays-dunser-land/ )  qu’ «Avec 15 % des voix dans les 22 cantons hors Strasbourg où il était présent (et 5 % des voix dans les deux cantons strasbourgeois), Unser Land revendique le titre de 3° parti alsacien et est très fier d’avoir devancé les socialistes, aussi bien en nombre de candidats qu’en nombre de voix ». Mais la réalité des reports de voix d’ Unser Land viendrait quelque peu nuancer ce propos.

 

L’étude statistique réalisé par le statisticien Jean-Paul Villette (OVIPAL)° « La boite noire des reports au second tour des élections départementales d’avril 2015. Une estimation économétrique pour les cantons de Stasbourg2 ,Strasbourg3 et Strasbourg 5 » nous semble confirmer l’existence de profondes divisions au sein de l’électorat de cette formation. En effet, au second tour des élections départementales d’avril 2015, l’électorat d’ Unser Land semble, d’une part très divisé dans le cadre de ces reports électoraux : sur ‘‘Strasbourg 2’’, il soutiendrait à plus des deux-tiers de ses votes le candidat du FN alors qu’il ne voterait –toujours selon cette étude- que pour un tiers seulement le candidat du FN dans le canton de ‘‘Strasbourg 3’’.Il faudrait pousser l’analyse statistique plus avant en l’élargissant en Alsace avec des cantons pas seulement urbains mais péri-urbains et ruraux.

 

Toutefois en l’état, ces premières analyses paraissent souligner deux perspectives : tout d’abord le vote « autonomiste » s’exprime par le rejet vis-vis du/des candidat(s) qui représente(nt) le parti politique qui dirige le pays (actuellement le PS) ; ensuite, il est à noter la traditionnelle captation en Alsace du vote régionaliste par le parti de la droite extrême, devenu depuis une petite dizaine d’années, le parti de la contestation extrême, avec l’inflexion apportée par Marine Le Pen.

 

Le mouvement « Alsace d’Abord » exprimait en son temps une synthèse originale entre force « identitaire régionaliste » et « dynamique contestataire »... Le mouvement « Alsace d’Abord » a disparu ...en se recyclant largement entre ces deux pôles que sont l’autonomisme et la contestation. Il semble que le vote régionaliste soit en permanence enfermé dans cet étau.

 

Pascal Politanski (Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques)

ovipal

version du 20 avril 2015

 



20/04/2015
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