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Ressusciter l’Austrasie ?

Ressusciter l’Austrasie pour faire vivre l’ACAL ?

 

 

Il n’est pas facile de trouver une dénomination à un ensemble disparate issu de la fusion de régions à forte identité. Le comité de réflexion chargé de ce dossier sous l’égide du conseil régional de l’ACAL (qu’il faut bien continuer à appeler comme cela avant l’adoption d’une dénomination définitive) a retenu trois propositions. La proposition Rhin-Champagne constitue une dénomination par juxtaposition de dénominations géographiques (solution du type Rhône-Alpes). La juxtaposition de dénominations, pas nécessairement géographiques d’ailleurs, constitue l’option la plus utilisée en cas de fusion : Bade-Wurtemberg, Schleswig-Holstein, Emilie-Romagne.... Mais elle n’est pas adaptée à une fusion à trois. Et en l’occurrence, la Lorraine n’y trouve pas son compte. La proposition Acalie correspond à une option consistant à créer une identité nouvelle à partir de l’acronyme ACAL. Il s’agit de la solution type PACA avec un supplément d’âme. Il n’est cependant pas certain que la greffe prenne et que les habitants de cette nouvelle Acalie se considèrent un jour comme des Acaliens.

 

L’option Nouvelle Austrasie quant à elle présente l’avantage de correspondre à une dénomination commune reposant sur un ancrage historique. Son véritable point fort résulte du fait que l’Austrasie constitue une référence suffisamment floue. Chacun peut y trouver son compte. L’Austrasie fut créée en 511 à la mort de Clovis lorsque son royaume fut partagé entre ses fils. Elle correspondait au royaume des Francs orientaux par opposition à la Neustrie qui était le Royaume des Francs occidentaux.

 

Dans la mesure où l’Austrasie eut pour capitale successivement Reims puis Metz, la Champagne-Ardenne et la Lorraine peuvent en principe parfaitement se reconnaître dans cette dénomination. Il n’en va pas de même pour l’Alsace, dont l’appartenance à l’Austrasie est problématique. Les historiens divergent sur la frontière orientale de cette Austrasie, certains la situant dans les Vosges alors que d’autres la situent sur le Rhin. L’Alsace était elle austrasienne ou bien était elle peuplée d’Alamans et régulièrement envahie par les Francs ? (cf. la carte ci-dessous). En fait c’est le massacre de Cannstatt en 746 (près de Stuttgart) qui met fin aux incertitudes des historiens. Ils s’accordent en effet pour considérer qu’à partir de cette date, l’ensemble de l’Alémanie fut rattachée à l’Austrasie, avant que celle-ci soit intégrée en 751 dans le grand royaume franc dirigé par Pépin le bref puis par Charlemagne.

 

Heureusement, le temps, ce grand sculpteur, arrondit les contours. De nos jours bien peu de monde est capable de se souvenir des hauts faits des rois Théodoric, Théodobert, Sigebert ou de la reine Brunehilde (à l’exception peut-être de ceux  de Dagobert 1°, roi d’Austrasie de 622 à 632). Et s’il n’est pas certain que l’Alsace fut austrasienne d’un point de vue territorial, elle le fut assurément d’un point de vue culturel. Ou du moins elle essaya de l’être. En effet, le territoire de l’Austrasie débordait largement des frontières de l’actuelle ACAL. Il comprenait une partie de la Belgique, la Rhénanie et s’étendait jusqu’en Thuringe, avec des villes comme Cologne et Fulda. L’Austrasie existait avant la partition de l’Empire de Charlemagne, dont date la séparation entre la France et l’Allemagne.  Elle était germanique et romaine.

 

 

 

Début 2015, Philippe Richert déclarait vouloir faire de l’ACAL le cœur de l’Europe. Il est possible que la dénomination Austrasie reflète cette idée. Mais évidemment, avec le Nouvelle Austrasie, chacun comprendra ce qu’il voudra.

 

 

                                                                                            

15 mars 2016

Bernard Schwengler

OVIPAL

 

 

Les royaumes francs à l’époque des Mérovingiens.

 

 

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Note finale : en plus des trois propositions émanant du comité de réflexion, le conseil régional a décidé d’ajouter l’option Grand Est dans la perspective de la consultation qui aura lieu jusqu’au 1° avril. Avec Grand Est, l’ACAL n’existe plus en tant que tel mais uniquement comme point cardinal dans l’hexagone. C’est évidemment l’option la plus faible. Mais c’est celle qui reflète le mieux la faiblesse politique et sociologique de cette grande région.

 

 

 



16/03/2016
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