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Unser Land : le retour de l’autonomisme politique ?

Le score d’Unser Land aux départementales de mars 2015 signifie-t-il le retour de l’autonomisme politique en Alsace, après 75 années d’éclipse électorale ? (cf. Brève histoire de l’autonomisme politique). Une telle affirmation serait sans doute hâtive. Mais la question mérite d’être posée. Depuis les années 1970, les tentatives de relancer l’autonomisme politique alsacien n’ont certes pas manqué, avec successivement le MRAL (1970), le PFAL (1975), EL (1975), le RAL (1977) et l’UPA[1] (1988), dont Unser Land est d’ailleurs le successeur direct. Mais malgré certains succès électoraux ponctuels et localisés (31 % des voix pour le candidat MRAL à une cantonale partielle à Lauterbourg en 1971 – élection du candidat d’Unser Land dans le canton de Sarre-Union en 2011, suivie de sa démission l’année suivante), les résultats électoraux demeuraient la plupart du temps modestes. Aucun de ces mouvements n’était parvenu à effectuer une percée électorale comparable à la percée réalisée par Unser Land aux cantonales de 2015.

Unser Land est en fait le grand bénéficiaire de la réforme territoriale. C’est d’une part cette réforme, impopulaire en Alsace et instituée en dépit de l’opposition (ou du désaccord) de la quasi-totalité des élus locaux  et d’autre part la mobilisation contre cette réforme organisée par l’UMP alsacienne à l’automne 2014 qui ont permis à Unser Land d’acquérir une visibilité dans le champ politique alsacien. Et c’est le ralliement de l’UMP alsacienne à l’ALCA à partir de janvier 2015, avec notamment la candidature de Philippe Richert à la présidence (ralliement qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité et qui provoque certains remous internes à l’UMP) qui a permis à Unser Land de se positionner au moment des cantonales comme le seul parti alsacien opposé à la grande région. Une opportunité qu’Unser Land a su utiliser en présentant ou en soutenant des candidats dans 24 cantons.

Avec 15 % des voix dans les 22 cantons hors Strasbourg où il était présent (et 5 % des voix dans les deux cantons strasbourgeois), Unser Land revendique le titre de 3° parti alsacien et est très fier d’avoir devancé les socialistes, aussi bien en nombre de candidats qu’en nombre de voix.

Pour les dirigeants d’Unser Land, il s’agit à présent de transformer l’essai. Le prochain objectif annoncé, ce sont les élections régionales, en décembre 2015. Mais du fait de l’obligation de présenter des listes dans chacun des 10 départements de la future grande région, ce scrutin présente une difficulté réelle.

 

Bernard Schwengler

ovipal

8 avril 2015

 

 

 



[1] MRAL : Mouvement régionaliste d’Alsace-Lorraine.

PFAL : Parti fédéraliste d’Alsace-Lorraine

EL : Elsass-Lothringen

RAL : Rassemblement alsacien-lorrain

UPA : Union du peuple alsacien

 



21/04/2015
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