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Visite du "PR" au Palais Universitaire de l'Université de Strasbourg

Le Palais Universitaire bouclé

Jeudi 30 janvier 2014, 10 heures 10, Strasbourg, Palais Universitaire. Beau temps froid. Le président, François Hollande, et la Ministre, Geneviève Fioraso, doivent participer à une table-ronde sur les cursus franco-allemands.

Des barrières de protection entourent le jardin devant le Palais : surprise ! Double filtrage pour les invités : présenter une invitation à l’entrée du barrage, puis une pièce d’identité en haut des marches du Palais. La queue s’allonge devant l’escalier d’honneur. Je n’ai pas sollicité d’invitation ; je n’en ai pas reçue de l’université. L’accès m’est refusé. Normal. Je devrai donc photographier de loin, à une cinquantaine de mètres de l’évènement : album 1 : 20 photos.

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Une centaine de jeunes manifestants, étudiants pour la plupart. Je discute avec certains. L’un me dit qu’il a été interpellé devant l’ISIS (rencontre du Président avec deux prix Nobel à 9 heures 30) : un quart d’heure de fichage. Un gendarme me dit qu’il est interdit de photographier. Je n’obtempère pas.

 

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10 heures 30. Tous les invités sont rentrés et doivent être assis dans l’Aula. L’attente commence. Une cinquantaine de gendarmes descendent de leurs bus et, au pas de charge, gagnent les trois côtés du Jardin. Un chien policier flaire la pelouse et le pied des arbres.

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11 heures 15. Des premières voitures officielles. Les manifestants doivent reculer d’une trentaine de mètres, sur le pont de l’Ill. Je suis posté sur le côté gauche du Palais et j’attends, appareil photo en main. Album 2 : 26 photos. Quiz : trouver le nom de 20 des personnalités photographiées.

11  heures 35. Je ne suis pas le seul à devoir patienter. Le président Beretz, en costume de ville et sans manteau, fait les cent pas, monte et descend les marches du Palais, discute avec des vice-présidents et un des députés socialistes de Strasbourg. Agitation sur le pont de l’Ill : des étudiants repoussés une seconde fois par les gendarmes. Un photographe free-lance me montre des photos d’étudiants à terre. L’un aurait été menotté.

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11 heures 45. Je suppose que la table-ronde sur les cursus de formation et les échanges d’étudiants entre la France et l’Allemagne, prévue à 10 heures 30, a commencé à 10 heures 45, depuis une heure. Agitation. Le voici enfin, François Hollande, président de la République. Il est accueilli par le président Beretz. Je zoome au maximum. Rafale de photos. Personne n’accueille par contre Geneviève Fioraso au bas des marches. La Ministre en tailleur bicolore, la jupe s’arrêtant 10 à 15 centimètres au-dessus du genou. Un étrange effet. J’apprends son nom à deux badauds retraités, autant que moi surpris par le déploiement des forces de l’ordre.

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François Hollande a prononcé un discours de 20 minutes, sans avoir écouté le débat. Il est filmé en plan fixe ennuyeux ; l’auditoire n’est jamais montré. Discours retransmis sur le site de l’Élysée : rien de bouleversifiant. Donner, redonner l’envie d’Europe. Accueillir des étudiants étrangers en plus grand nombre. Avoir aboli la circulaire Guéant. Avoir fait progreser les crédits Erasmus dans le budget européen et ouvert les échanges aux apprentis. Diversifier les langues utilisées dans l’enseignement supérieur et faire la promotion de la langue française. Maladresse à l’égard de la Ministre Fioraso : le parlement a voté une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur et la recherche ; ce n’est ni la première, ni la dernière. Aucun engagement sur les budgets nécessaires au développement des échanges internationaux.

Un discours banal et inutile. Un déplacement coûteux. Plus de 200 invités, élus du territoire et dans l’université, personnels qui ont perdu leur temps et qui n’étaient pas au travail. Des dérangements importants pour la population du quartier universitaire largement bouclé et pour celle qui venait travailler ce matin à Strasbourg (autoroute fermée entre l’aéroport et la ville). Des forces de l’ordre plus nombreuses que les manifestants. Un sentiment personnel de gâchis, de tristesse pour la démocratie et de colère contre les gouvernants de plus en plus coupés des réalités et des problèmes du quotidien.

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11 heures 55, je me dirige vers la Faculté de droit sur le Campus de l’Esplanade. Une manifestation des étudiants et des personnels y est prévue. Près du musée de sismologie, je discute avec deux gendarmes qui font une ronde tranquille. Nous discutons des nouvelles grilles en cours d’installation sur les blocs de grès rose : « c’est sûr que c’est de la pierre reconstituée ; ça ne va pas résister au temps ! »

 

 

[NDLR : Article publié sur le site //blog.educpros.fr/pierredubois/et reproduit avec l'autorisation de l'auteur]



21/02/2014
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