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Schiltigheim : le retour (enfin !) du politique

Le résultat des élections municipales partielles de Schiltigheim est une très bonne nouvelle pour la démocratie. Non pas parce que la liste écologiste-PS a été élue – nous aurions écrit la même chose si la liste de Monsieur Ball l’avait emporté – mais parce que ces élections ont marqué le retour du politique, au sens le plus fort que l’on peut donner à ce mot.

 

Les élections législatives et présidentielles de 2017 avaient, on le voit bien avec le recul, constituées une réelle éclipse de ce point de vue. Qu’est-ce que la politique ? C’est tout simplement l’affrontement pacifié de points de vue affirmés et d’intérêts divergents, qui autrement déboucheraient sur la violence, l’affrontement physique voire la guerre civile.

 

Les élections municipales de Schiltigheim avaient le petit air guilleret d’une forme de politique que nous avions feint de détester et de reléguer dans l’ « ancien monde » : un élu de droite conteste le style autoritaire d’un autre élu de droite et provoque, par sa démission, une élection partielle. Le désaccord était réel, la méthode bonne, car elle implique le retour devant les électeurs plutôt qu’un pourrissement de la situation. La désunion à droite, avec ses querelles comme on les aime car elle sont tellement humaines, l’union à gauche (les écologistes le sont un peu quand même), avec un duo de filles, comme on les aime maintenant, sympathiques, déterminées, compétentes.

 

Les électeurs ont préféré l’union et le sourire à la désunion grincheuse, c’est classique, ça marche toujours et tout le monde finalement sort de là grandi, content que ces élections aient donné un résultat positif, serein et clairement affirmé. Bien sûr, peu d’électeurs se sont déplacés, élection partielle, temps printanier, mais cela ne veut pas dire que l’affaire n’a pas suscité de l’intérêt, bien au delà de ceux qui se sont déplacés ce jour-là.

 

Et puis surtout, dans ces élections, les positions de chacun étaient claires, il y avait une droite, une gauche, des intérêts et des conceptions, notamment dans l’urbanisme, bien circonscrites dans leurs différences. Bref, de la politique comme il faudrait qu’on l’aime et, de plus, sans aboiements populistes.

 

Tout cela a été permis, il faut le rappeler, et en tirer toutes les conclusions, par l’absence de liste LREM. Dans un des papiers que l’ovipal avait consacré à ces élections, nous avions souligné d’une part que les candidats de cette formation avait peu de chance de l’emporter. Et aussi que leur absence renvoyait à une drôle de conception de la politique, où l’on ne se présente que quand on est sûr de gagner….

 

Mais leur absence a finalement évité un grand brouillage des cartes, des frontières. Pas de « en même temps », pas de « la gauche et la droite c’est dépassé », pas d’arrogance jeuniste et technocratique, ni de « vieux monde » désigné à l’opprobre. Du coup tout s’est bien passé. Chacun a pu exprimer clairement ses opinions et on a pu se sentir, l’espace d’une élection, un peu en démocratie.

 

Philippe Breton

ovipal

16 avril 2018



16/04/2018
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