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Jean Pierre Masseret : une curieuse trajectoire.

 

A gauche

 

On se souvient qu’aux régionales de 2015 Jean-Pierre Masseret, tête de liste socialiste dans le Grand Est, avait fait parler de lui en refusant de suivre les consignes de la direction nationale du parti socialiste. Le Grand Est était en effet, avec les Hauts de France et la région PACA (Provence-côte d’Azur) l’une des 3 régions où, au vu des résultats du premier tour, le Front national pouvait l’emporter au second (1). La direction du parti socialiste, autour de Jean-Christophe Cambadélis, avait par conséquent demandé aux listes socialistes dans ces régions de se retirer et de soutenir les listes des Républicains.

 

En refusant de céder à ces consignes nationales et en résistant à la pression exercée par de nombreux élus socialistes de l’est de la France - dont Roland Ries, Catherine Trautmann, Aurélie Filippetti, Anne-Pernelle Richardot - Jean-Pierre Masseret avait donné de lui l’image d’un homme politique « droit dans ses bottes », fidèle à ses convictions dans la lignée de sa carrière politique qui avait commencé sous l’égide de l’union de la gauche.

 

Il s’était en effet engagé en politique en 1967 en adhérant à la Fédération de la gauche démocrate socialiste (FGDS), créée par François Mitterrand et au parti socialiste au congrès d’Epinay en 1971, à une époque où les socialistes, pour marquer leur ancrage à gauche, avaient tendance à considérer qu’il n’y avait pas de différence entre le centre et la droite. De ce point de vue, refuser d’arbitrer entre des candidats de centre-droit (Richert) et d’extrême-droite (Philippot), était une façon de signifier la fidélité à son ancrage à gauche (2). Du moins on pouvait l’interpréter de cette façon.

 

En macronie

 

Mais cet ancrage à gauche n’a pas résisté à la présidentielle de 2017. Jean-Pierre Masseret se prononça dès le premier tour en faveur d’Emmanuel Macron, le candidat qui se réclamait à la fois de la gauche et de la droite. La même année il rejoignait au sénat le groupe LREM (La République en marche).

En 2020, il participa avec d’autres anciens socialistes ayant rejoint la macronie - dont Jean-Yves le Drian, Olivier Dussopt, Gilles Savary et Roland Ries - à la création de Territoires de progrès. L’objectif affiché par ce mouvement, officiellement indépendant de La République en marche (LREM) et qui se réclame du social-réformisme, est de rééquilibrer la macronie en renforçant son aile gauche.

 

Mais ce soi-disant rééquilibrage n’est que théorique. Dans les faits, aux différentes élections, le positionnement de Territoires et progrès reste lié à celui de LREM et penche par conséquent nettement à droite. Au second tour des municipales de 2020 à Metz, Jean-Pierre Masseret apporta son soutien à la liste Les républicains (LR) conduite par François Grosdidier contre la liste de gauche, dirigée par un écologiste et où se trouvaient les socialistes, les communistes, les Hamonistes etc. (3).

 

Et pour les régionales de 2021, Jean-Pierre Masseret est pressenti pour être tête de liste de la constellation macroniste (LREM-Modem-Territoires et progrès-Agir-Divers droite) dans le département de la Moselle, la tête de liste pour l’ensemble du Grand-Est étant de façon probable Bérangère Abba (LREM), secrétaire d’Etat à la diversité dans le gouvernement Castex.

 

En quittant les socialistes et en se revendiquant macroniste de gauche, Jean-Pierre Masseret adopte avec quelques années de décalage le même positionnement politique que Jean-Marie Bockel à partir de 2007, qui avait créé La gauche moderne (LGM), un mouvement qui présentait rarement des candidats mais qui appelait à voter pour l’UMP à presque toutes les élections.

 

Bernard Schwengler

OVIPAL

Le 22/04/2021

 

Au premier tour les résultats avaient les suivants :

 

Listes Philippot (FN)  : 36 %

Listes Richert (LR-UDI)   : 26 %

Listes Masseret (PS et alliés) : 16 %

Listes Bélier (Verts) : 7 %

Autres : : 15 %

 

En politique comme en géographie, l’appréciation de la distance entre deux points dépend de l’endroit où l’on se trouve. Plus on est à gauche, plus on a tendance à considérer que la distance entre le centre droit et l’extrême droite est faible.

 

Ce positionnement électoral peut être comparé à celui de Roland Ries aux municipales de Strasbourg de 2021. Au second tour il soutenait la liste LREM-LRM contre les Verts et contre les socialistes.

 

 



27/04/2021
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