. . . . OVIPAL - OBSERVATOIRE DE LA VIE POLITIQUE EN ALSACE . . . .

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Le temps de l'homme providentiel est-il revenu ?

La véritable leçon à tirer des élections régionales et départementales n'est pas dans le résultat des élections elles-mêmes. Le paysage politique ressemble aujourd'hui, aux premiers abords de la campagne pour les présidentielles, à un désert, terreau de l'homme providentiel. Il ne sera ni libéral, ni néocommuniste, il sera conservateur, fera l'apologie de ce que le monde ancien avait de meilleur, et emportera l'adhésion par simple désir de freinage d'une opinion lassée d'un monde qui va trop vite.

 

La véritable leçon à tirer des élections régionales et départementales n'est pas dans le résultat des élections elles-mêmes. La plupart des élus issus d'urnes presque vides ont une légitimité politique certes, mais peu de légitimité électorale et encore moins de légitimité sociologique. Comme dans un dernier recul avant de mieux sauter, ce sont les anciens élus qui ont été reconduit, avec des scores qui témoignent d'une fin de règne (il y a des sortants réélus qui n'ont eu que 5% des inscrits dans certains bureaux de vote).

 

Oublions cet épisode pour nous concentrer sur le véritable bilan de cette période sans gloire. Retour à la campagne des élections présidentielles de 2017 : la gauche traditionnelle autour du PS se disloque, la droite explose. L' « ancien monde » sort des radars pour laisser la place au combat des titans, d'un côté la vieille panacée nationaliste, de l'autre la jeune modernité libérale. On connaît l'issue du combat.

 

 

Une époque révolue

 

Nous étions nombreux à l'époque, parmi les commentateurs, à considérer que c'était là, non le début d'un nouveau monde, mais le climax d'une époque déjà révolue, une dernière et maigre chance pour les formes classiques du système politique français. La crise des gilets jaunes, que l'on aurait bien tort d'oublier, car elle reste un magma bouillonnant sous une mince croûte institutionnelle, est venue ébranler des fondations rendues fragiles par l'usure.

 

Depuis, la violence sous toutes ses formes, individuelles comme collectives, n'a cessé de croître. Elle s'est insinuée dans tous les pores de notre société. Elle est redevenue, après des siècles de pacification des mœurs, le mode privilégié de résolution des problèmes de toute nature, du conflit conjugal jusqu'à la contestation politique.

 

 

 

Un face à face dépassé ?

 

Le face à face de ces deux titans maintenant dépassés est-il encore à l'ordre du jour ? Le parti macroniste n'existe toujours pas. Le pouvoir est aujourd'hui majoritairement solitaire, à un point que l'on imagine même pas. Cette solitude est masquée par le leadership obligé que Macron a du exercer pendant la crise du covid, mais cela même est en train de s'éroder. Une quatrième vague risquerait d'emporter le tout rapidement.

 

Le parti Le Peniste n'existe finalement pas non plus. Ce colosse électoral aux pieds d'argile (pas cadres, peu de militants, une famille régnante à bout de souffle) risque de ne pas se remettre de sa lourde défaite aux régionales. Les abstentionnistes qui constituent sa masse de manœuvre électorale se sont détournés d'un parti au message totalement brouillé. Au moment précis où les français de veulent plus de politique, voilà que le RN se met à en faire. Belle erreur de stratégie !

 

Le paysage politique ressemble aujourd'hui, aux premiers abords de la campagne pour les présidentielles, à un désert. Toute comparaison gardée, la France, comme d'autres pays démocratiques, a déjà connu des périodes semblables, soit du fait d'une déception majeure vis-à-vis de l'ensemble d'une classe politique défaillante, soit du fait d'une absence de désir politique, les deux raisons se conjuguant d'ailleurs fort bien. Qu'on se souvienne de la fin de la quatrième République.

 

 

L'homme providentiel sera conservateur

 

C'est dans le désert que naissent et prospèrent les hommes providentiels. Macron avait fait croire qu'il pouvait tenir le rôle, mais il n'en avait que l'apparence. Mélenchon aimerait bien l'incarner mais le vieux sénateur socialiste recyclé en nouveau Castro se trompe et de récit et de moment. Quant aux Verts, leur désir radical de tout arrêter, la croissance comme les transports et la consommation, va trop loin. Ils ont fini par inquiéter avec leurs inquiétudes sur l'avenir. A tenir un discours anxiogène, ils sont devenus eux-mêmes anxiogènes. Et puis ils n'aiment ni l'Homme, ni la Providence. Autant dire qu'ils n'ont guère d'avenir.

 

La marque de notre époque, finalement, est bien que tout a été trop vite. Trop de technologie lancée à toute vitesse, trop de changement dans les mœurs et le genre, trop de cultures exogènes exigeant d'avoir droit de cité sur notre sol, trop de refus de l'Histoire, trop de vulgarité galopante, trop de tout trop vite. L'homme providentiel ne sera ni libéral, ni néocommuniste, il sera conservateur, par simple désir de freinage d'un monde qui va trop vite.

 

 

Reprendre ses esprits

 

Le bruissement qui s'annonce, peut-être aux présidentielles, est celui de l'homme nouveau, en tout cas sorti de nulle part, qui fera paradoxalement l'apologie de ce que le monde ancien avait de meilleur, et qui promettra un peu du calme, de la tranquillité et de la culture auxquels beaucoup aspirent aujourd'hui. Juste pour souffler un peu, le temps de reprendre ses esprits.

 

Philippe Breton

ovipal

11 juillet 2021

 



11/07/2021
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