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Schiltigheim peut-elle repasser à gauche ?

L’un des paradoxes des municipales d’avril 2018 à Schiltigheim réside dans le fait que les deux candidats présumés favoris à ces élections appartiennent à des formations orientées respectivement à droite – Christian Ball (LR) – et au centre-droit – Jean-Marie Kutner (UDI) – alors que Schiltigheim est une ville votant historiquement à gauche.

 

Schiltigheim, une ville votant à gauche

 

Aux municipales de 1977, alors que l’Alsace était un désert politique pour les partis de gauche, y compris à Strasbourg, elle fut la première ville de plus de 30 000 habitants à élire un maire socialiste. Le maire en question était Alfred Muller.

 

Certes, il faisait partie de la gauche modérée, se réclamait de Michel Rocard, rompit avec le parti socialiste en 1986 et créa le MDA (mouvement pour la démocratie alsacienne), qui se positionnait au centre-gauche de l’échiquier politique. Et comme il resta maire jusqu’en 2008 (il fut également conseiller général du canton de Schiltigheim de 1979 à 2004 et député de 1993 à 1997), l’orientation électorale à gauche de Schiltigheim ne fut plus visible pendant une longue période.

 

Elle le redevint à partir des municipales de 2008. Dans le match pour la succession d’Alfred Muller qui opposait ses deux ex-adjoints, c’est Raphaël Nisand, membre du parti socialiste, qui l’emporta contre Jean-Marie Kutner, qui se réclamait à la fois de La Gauche Moderne (le parti crée par Jean-Marie Bockel l’année précédente au moment de son départ du parti socialiste) et du MDA (le parti d’Alfred Muller).

 

En fait Schiltigheim votait pour la gauche, principalement socialiste, à l’ensemble des élections. Au second tour des régionales de 2010, la liste socialiste, dirigée par Jacques Bigot, devançait celle de Philippe Richert de près de 5 points. Aux cantonales de 2011, Raphaël Nisand l’emporta contre la conseillère générale sortante Andrée Munchenbach (qui avait battu Alfred Muller en 2004) (Jusqu’au redécoupage des cantons opérés en 2014, le périmètre du canton de Schiltigheim correspondait à celui de la commune). Et au second tour de la présidentielle de 2012, le score de François Hollande à Schiltigheim (54% des voix) fut plus élevé non seulement que son score alsacien mais également que son score dans la France dans son ensemble.

 

Et ce vote à gauche survécut à l’effondrement électoral du parti socialiste de 2017. Au premier tour de la présidentielle de 2017, le candidat en tête à Schiltigheim fut Jean-Luc Mélenchon, avec 27 % des voix, loin devant son score national. Et aux législatives de juin 2017, le candidat de la France Insoumise, avec 15 % des voix, fut en seconde position derrière le candidat LRM (37 % des voix), mais devant l’ensemble des autres candidats, LR-UDI (13 % des voix), FN (9%), Verts (8%), Unser Land (6%) et socialiste (5%).

 

Une comparaison 2014 - 2018

 

Si l’on excepte Raphaël Nisand, qui ne sera pas présent à cette élection, on retrouve en 2018 la plupart des protagonistes de 2014, en ce qui concerne les têtes de liste ainsi que leurs orientations politiques (bien que celles-ci ne soient pas toujours clairement affichées). En 2014, la défaite de Raphaël Nisand avait été une surprise. Et quelles que soient les raisons invoquées pour l’expliquer, elle ne fut possible, d’un point de vue arithmétique, que parce que les listes Kutner et Ball, distancées au premier tour, avaient fusionné au second tour (cf. ci-dessous)

 

 

Résultats des municipales de 2014 à Schiltigheim.   

 

Listes en présence en 2018

 

Premier tour     (2014)                                     Premier tour     (2018)

Liste Nisand  (PS)                  : 26 %             Liste Jampoc-Bertrand (PS – PCF)

Liste Kutner (UDI)                   : 25 %            Liste Kutner (UDI)

Liste Ball (UMP)                      : 20 %            Liste Ball (LR)

Liste Dambach (Verts)            : 17%             Liste Dambach (Verts)

Liste Baader (FG)                    : 5 %              Liste Baader (France insoumise)

 

Second tour     (2014)

Liste Nisand – Dambach         : 44 %

Liste Kutner – Ball                   : 56 %

 

Il sera intéressant de suivre, à l’issue du premier tour, les scores respectifs des listes Kutner et Ball d’une part mais également le rapport de force à gauche. Les socialistes retrouveront-ils leur prééminence électorale à gauche, après l’éclipse de 2017 qui dans ce cas n’aura duré qu’une année ? Ou bien la liste Baader (5% des voix en 2014) poursuivra-t-elle sur la lancée de la France Insoumise de 2017 et sera-t-elle en tête à gauche ?

 

Par ailleurs, comme cette fois-ci une fusion des listes Kutner et Ball semble improbable pour le second tour, le jeu semble particulièrement ouvert.

 

Bernard Schwengler

ovipal

1 avril 2018                                                                        

                                                                                                           

 

 

 

 

 



02/04/2018
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