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L'homme est-il le sexe faible ?

L'actualité est régulièrement ponctuée par le rappel des nombreuses inégalités que subissent les femmes, comme par exemple le fait qu'elles gagnent moins, en moyenne que les hommes. On a raison. On parle aussi des violences que les femmes subissent, qui conduisent parfois à ce que l'on appelle le féminicide.

 

Mais, en matière de discriminations, s'intéresse-t-on aussi à celles que subissent les hommes ? Elles sont nombreuses pourtant. Regardons de près. Ces derniers jours on a vu les forces de police et de gendarmerie engagées pour rétablir l'ordre en marge des manifestations de protestations contre la réforme des retraites. Plus de 400 blessés parmi les forces de l'ordre. Que des hommes ! Et pour cause, seul 3% des CRS sont des femmes.

 

En fait tous les métiers pénibles, durs, violents, sont occupés par des hommes et les femmes, fines mouches, ne s'y hasardent que très marginalement. Elles ne sont que 2% des pécheurs en haute mer, 1,5% des ouvriers du bâtiment, où la mortalité par accidents du travail est très élevée. Les livreurs, métier lui aussi très risqué, comportent seulement 8% de femmes. Ce n'est pas que les femmes travaillent moins que les hommes, leur taux de chômage étant plus bas. Les SDF aujourd'hui, population la plus discriminée d'entre toutes, sont essentiellement des hommes isolés.

 

Les garçons sont aussi moins éduqués. Tous les parents savent qu'à l'école ce sont les petites filles qui lèvent le doigt les premières, qui sont souvent dans les carrés de tête aux résultats. De là à soupçonner que, puisque les enseignantes sont majoritaires dans le corps professoral, elles pratiquent sans le savoir une forme de préférence de genre, qui expliquerait que les garçons ont souvent la tête basse dans les classes. Ce ne sont pas eux, du coup, qui font les études les plus longues.

 

Ah, ce n'est pas facile d'être un garçon aujourd'hui. Toutes les professions où ils pouvaient briller dans le temps, guerriers, assassins, chasseurs, sont aujourd'hui discréditées, mises au ban de la société. Et quand la guerre revient à l'ordre du jour, la boucherie qui s'ensuit ne concerne presque exclusivement que les garçons. Quand il s'agit de défendre le pays ou son foyer, c'est eux que l'on appelle, et qui y laisse leur peau.

 

Regardez, la société française après la guerre 14-18. C'est là d'ailleurs que les femmes ont commencé à prendre le pouvoir, profitant de l'élimination massive de leurs concurrents.

 

Les hommes ne seraient-ils pas, en fait, le véritable sexe faible ? C'est la thèse défendue par un auteur anglais, Richard V. Reeves. Rien d'étonnant que dans la transition de genre à la mode aujourd'hui, beaucoup d'hommes choisissent de devenir des femmes, manière au fond de rester au dessus du panier.

 

Les hommes ne sont d'ailleurs pas gâtés par la nature, qui les poursuit d'une malédiction permanente, en l'occurence, une surmortalité à tous les étages de la vie : plus d'embryon mâles sont l'objet d'une fausse couche, plus de bébés mâles meurent à la naissance ou dans les premières années de la vie. Ce sont les adolescents et non les adolescentes qui se suicident, qui meurent dans les accidents de la route ou d'overdose. Et à la fin, l'espérance de vie est largement en défaveur des hommes. Les maisons de retraite ressemblent aujourd'hui à une société après une catastrophe qui aurait décimé tous les hommes.

 

Donc, au bout du compte, à chacun ses discriminations, et qu'on soit garçon ou fille, chacun a sa part. Et si c'était le principe même de la discrimination qu'il fallait combattre et non pas chercher, chacun dans son genre, à tirer la couverture à soi ?

 

Philippe Breton

ovipal

27 mai 2023

 



27/05/2023
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