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Les deux Alsace - Analyse du clivage électoral entre l’Alsace urbaine et l’Alsace péri-urbaine à l’occasion des élections européennes

 

 

L’exigence d’une analyse fine des résultats électoraux des élections européennes de 2019 implique que l’on tienne compte des réalités sociologiques. On pense ici notamment au vieux clivage « ville/campagne » que l’on réactualise aujourd’hui dans le découpage entre d’un côté France périphérique, ou péri-urbaine, et, de l’autre, France des villes ou urbaine.

 

Il n’est donc pas inintéressant, dans le cas de l’Alsace par exemple, de voir si ce clivage a un sens sur le plan électoral, bref de voir s’il est clivant, notamment dans le cadre de la recomposition politique en cours. On constate sur ce plan, à partir de l’analyse de Bernard Schwengler, que les différences entre l’Alsace et le reste de la France tendent à s’estomper, donnant ainsi à l’analyse une plus grande portée potentielle.

 

L’intérêt d’une analyse différentielle entre urbain et péri-urbain est aussi, si le clivage électoral était attesté, de montrer que formuler les moyennes des résultats à l’échelle du département – ou de la Région – n’a guère de sens, notamment si les écarts à la moyenne sont importants.

 

Nous proposons ici de faire, de façon simple et rustique, une carte électorale des « deux Alsace », l’une formée tout simplement de ses 3 principaux centres urbains, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, l’autre formée… de toutes les autres communes, ainsi baptisées « péri-urbaine », ou « non-urbaine » si l’on veut.

 

Cela ne rend certes pas justice aux communes qui sont des « petites villes » (Sélestat, Haguenau, Schiltigheim…), que l’on tient ainsi à l’écart des trois grandes « métropoles » citées plus haut. On réservera à l’avenir une analyse plus fine, celle présentée ici étant une première approche.

 

Le tableau suivant propose donc de répartir les voix obtenues par les principales listes en Alsace entre deux zones bien définies : « Alsace urbaine » et « Alsace péri-urbaine » selon le critère établi plus haut.

 

Nota : le calcul est celui du pourcentage sur les « exprimés » et non sur les « votants », la différence entre les deux étant constituée des bulletins nuls ou blancs, environ 5 % des inscrits, répartis pour moitié entre nuls et blancs.

 

 

 

« Alsace urbaine »

 

« Alsace peri-urbaine »

Européennes 2019

Nb de voix

% des exprimés

 

Nb de voix

% des exprimés

LAREM

27766

26,1

 

116422

22,4

RN

16906

15,9

 

133066

25,6

Vert

19631

18,4

 

73317

14,1

LR

7907

7,4

 

49423

9,5

PS-PP

7400

7,0

 

22160

4,3

FI

7039

6,6

 

19433

3,7

Dupont-Aignan

2363

2,2

 

28543

5,5

inscrits

230878

 

 

1067653

 

Exprimés

106442

46,1

 

520513

48,8

Abstention + nuls + blancs

124436

53,9

 

547140

51,2

 

 

Le résultat est sans appel. Il y a bien un clivage fort :

 

  • Par exemple, le RN fait 16% en zone urbaine et 26 % en zone péri-urbaine.
  • Les chiffres de la FI, de Dupont-Aignan et du PS-PP sont quasiment systématiquement inversés selon la zone.
  • Entre l’Alsace urbaine et l’Alsace péri-urbaine, LAREM gagne 4 points et LR en perd 2.
  • Même l’abstention est différentielle, moins forte dans l’Alsace péri-urbaine.

 

Ce calcul simple montre bien la réalité à la fois sociologique et électorale de cette partition de l’Alsace entre deux zones bien distinctes.

 

Cette analyse peut être complétée par les différences repérables dans la recomposition politique à l’œuvre dans les deux Alsace (voir l’article).

 

Philippe Breton

ovipal

1 juin 2019

 



01/06/2019
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