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Présidentielle de 2022 : l’Alsace à l’unisson du reste de la France (enfin presque)

 

Il semble bien loin le temps où à chaque soir d’élection les commentateurs politiques faisaient remarquer l’importance du décalage existant entre le vote alsacien et le vote dans la France dans son ensemble. Au premier tour de la présidentielle de 2022, le score obtenu par la plupart des candidats en Alsace est très proche de leur score moyen national.

 

C’est le cas pour Emmanuel Macron (29 % en Alsace et 28 % dans la France dans son ensemble), pour Eric Zemmour (7 % dans les deux cas), pour Valérie Pécresse, pour Yannick Jadot etc. (cf. infra pour les résultats de l’ensemble des candidats)

On peut certes noter le surplus de vote alsacien en faveur de Marine Le Pen (27 % contre 23 %).

 

Mais ce surplus de vote alsacien pour le Rassemblement national (l’ex Front national) n’est pas comparable à ce qu’il était dans le passé. A la présidentielle de 1995, le différentiel alsacien de vote en faveur de Jean-Marie Le Pen avait été de 10 points (25 % en Alsace contre 15 % au niveau national), et parmi l’ensemble des départements français, les deux départements alsaciens avaient été les deux départements qui avaient donné à Jean-Marie Le Pen ses scores les plus élevés.

 

La réputation de bastion du vote national que l’Alsace a en partie conservé, remonte à cette période. Mais elle ne correspond plus à la réalité. Depuis quelques années, les scores alsaciens du Rassemblement national sont certes plus élevés qu’au niveau national. Mais ils sont plus faibles que dans le reste du Grand est. Ce fut à nouveau le cas au premier tour de la présidentielle de 2022.

 

On peut également souligner le déficit de voix de Jean Luc Mélenchon en Alsace par rapport à son score national (18 % en Alsace contre 22 % au niveau national). Ce différentiel négatif constitue le prolongement de la faiblesse historique du vote à gauche en Alsace. Mais ce différentiel négatif de vote à gauche en Alsace est très atténué par rapport à ce qu’il était dans le passé.

 

En fait, par rapport au centre de gravité traditionnel de la vie politique en Alsace, c’est l’effondrement électoral de Valérie Pécresse qui constitue le phénomène le plus spectaculaire de cette élection présidentielle, effondrement qui est aussi massif en Alsace que dans le reste de la France (4 % des voix en Alsace et 4,8 % au niveau national). LR en Alsace s’inscrit dans la lignée des partis politiques qui de 1945 à 2022 avaient dominé la vie politique alsacienne, le MRP sous la 4° République, le parti gaulliste au cours des années 1960-1970, la coalition UDF-RPR dans les années 1980-1990, dont était issue l’UMP à partir de 2002, ancêtre de LR.

 

Ce sont ces partis – les partis de Pierre Pflimlin, d’André Bord, de Marcel Rudloff, d’Adrien Zeller mais également de Jean Rottner et de Frédéric Bierry – qui depuis 1945 détiennent le quasi-monopole des mandats électoraux en Alsace (si l’on excepte Strasbourg et ses environs proches et pendant un temps Mulhouse).

 

Malgré le choc électoral de 2017, représenté par l’élimination de François Fillon à la présidentielle, LR avait réussi à rester le parti dominant en Alsace et à conserver la majorité des sièges de député aux législatives de juin 2017 et des mandats locaux aux élections suivantes. Le score de 4 % de Valérie Pécresse à la présidentielle en Alsace pourrait bien signifier la fin de la domination de LR sur la vie politique alsacienne.

 

12 avril 2022

Bernard Schwengler

OVIPAL

 

Présidentielle de 2022 (1er tour). En % des suffrages exprimés

 

 

 



18/04/2022
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