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Racisme et islamophobie : tout confondre ne résout rien !

La campagne actuelle de la Ville de Strasbourg contre les « discriminations raciales » soulève de nombreuses interrogations. Globalement le problème vient de ce qu'elle met sur le même niveau, racisme, antisémitisme d'une part, et « islamophobie » d'autre part. Un tel amalgame est à la fois une confusion des genres contre productive et l'acceptation d'un prosélytisme religieux, le tout défendu au nom et avec l'argent d'une collectivité publique.

 

Une confusion des genres

 

Racisme et antisémitisme, tout le monde voit bien de quoi il s'agit. Notre région a beaucoup payé dans ce domaine. Pogroms antisémites meurtriers, annexion et déportations au nom d'une idéologie exterminatrice. Tout cela s'est fait au nom de la croyance qu'il y avait des « races » différentes et hiérarchisées. Notion que la science, notamment la génétique, a mis à bas : il n'y a qu'une seule race, commune à l'ensemble de l'espèce humaine.

 

Mais, bien sûr, il y a de nombreuses cultures différentes. La xénophobie, qu'il ne faut pas confondre avec le racisme (on a le droit de ne pas apprécier ou d'aimer une autre culture, ses mœurs, sa cuisine, ses lois), est rendue possible par l'existence de ces différences culturelles. Comme d'ailleurs le thème inverse, plus diffus, de l' « acceptation des différences ».

 

Le racisme et l'antisémitisme, même si elles sont construits sur une base fausse, puisque les races n'existent pas, n'en sont pas moins des croyances actives, meurtrières et qu'il faut combattre. Ce ne sont pas des opinions, mais des paroles aux conséquences délétères. C'est pourquoi ces propos tombent sous le coup de la Loi (en France du moins).

 

Ces croyances visent des personnes, sous différents prétextes, au nom de leur appartenance à une supposée race. Le terme racisme dit bien ce qu'il veut dire. Il décrit d'ailleurs des réalités multiples : certains chinois sont ouvertement racistes envers les africains ou les occidentaux blancs. Les membres du Ku Klux Klan sont ouvertement racistes. Les pygmées sont souvent l'objet de représentations racistes en Afrique. Il y a aussi sans doute une forme de racisme « anti-blanc » chez certains (question que l'on peut se poser quand on apprend que le syndicat étudiant UNEF organise des réunions d'où les étudiants blancs sont exclus, parce que blancs). Le racisme est assez universellement partagé.

 

 

Être musulman n'est pas une race

 

Être pratiquant de l'Islam, par contre, n'est pas appartenir à une race, même dans l'esprit de ceux qui n'apprécient pas cette religion. Ce serait d'ailleurs totalement illogique puisque l'Islam est aujourd'hui porté par des membres de sociétés très différentes, jusqu'en Asie. L'Islam est une religion totalisante, à vocation universelle, dont les prescriptions englobent les mœurs civiles et religieuses, la vie privée comme la vie publique (la distinction n'existe d'ailleurs pas), la politique, le commerce, la sexualité. Et, surtout, l'Islam est une religion prosélyte, même si certains extrémistes religieux, une fraction d'Al Qaïda par exemple, souhaitent réserver cette religion aux arabes.

 

On ne peut donc en aucun cas mettre sur le même pied racisme et refus de l'Islam. Le faire serait générer une confusion préjudiciable à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, lutte bien spécifique et qui doit se doter de moyens propres. Le racisme s'en prend à des personnes, l'islamophobie à une religion. Ce n'est pas la même chose.

 

Cette confusion détourne le regard sur le fait qu'il y a bien un racisme envers les arabes, en tant que peuple, qu'ils soient musulmans ou non, racisme qui lui, tombe clairement et légitimement sous le coup de la Loi.

 

C'est là qu'une autre interrogation surgit, d'où vient cette notion d' « islamophobie », qui l'a inventé et à quoi sert-elle ? Retenons deux choses. La première est que l'on a bien le droit de ne pas apprécier l'Islam (sans être pour autant « phobique ») comme on a le droit de ne pas aimer le Christianisme ou toute autre religion. On a aussi le droit de ne pas être en accord avec une religion dont on juge que les principes sont antagonistes avec la démocratie. L'exprimer est une opinion parfaitement légitime en tant que telle, que l'on soit d'accord ou pas avec elle.

 

Vouloir interdire d'exprimer cette opinion, et l'amalgamer avec un délit (de racisme par exemple) est une manœuvre grossière dont on se demande pourquoi elle n'est pas dénoncée avec vigueur par tous ceux qui tiennent à la liberté d'expression.

 

 

Si vous n'appréciez pas l'Islam, c'est que vous êtes raciste

 

Mettre sur le même pied, comme le fait le slogan de l'affiche municipale (« racisme, antisémitisme, islamophobie ») le fait de ne pas aimer l'Islam, et celui d'être raciste ou antisémite, relèverait-il d'une activité de propagande visant au bout du compte à nous enjoindre à aimer l'Islam, sous peine d'une condamnation morale forte ?

 

Le prosélytisme musulman se dote ici d'un moyen de pression morale qui semble rendre aveugle y compris nos élites municipales. Ce que les affiches de la Mairie nous disent finalement c'est : si vous n'aimez pas l'Islam, c'est que vous êtes racistes...

 

S'il s'avérait qu'il s'agit bien là, avec ce cadrage qui associe racisme et islamophobie, d'une forme de chantage moral prosélyte en faveur d'une religion (et au fond peu importe laquelle), la question se pose de savoir si ce type de message peut être porté par une collectivité publique et avec l'argent des impôts. Cas d'école pour un tribunal administratif qui serait sourcilleux sur l'usage laïque des fonds publics.

 

 

Philippe Breton

21 mars 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



22/03/2021
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