. . . . OVIPAL - OBSERVATOIRE DE LA VIE POLITIQUE EN ALSACE . . . .

.       .   . . OVIPAL - OBSERVATOIRE DE LA VIE POLITIQUE EN ALSACE . . . .

Elections Municipales 2020 à Mulhouse : la « Réparation » ! La liste écologiste et d’Union de la Gauche prête à relever le défi municipal.

La Gauche mulhousienne sera-t-elle en mesure de « réparer », lors du prochain scrutin municipal, plusieurs décennies de « trahison politique » de la part de ses Maires (SFIO et PS) ?

 

Il semble que cette réparation, puisse enfin se produire, d’autant que les formations politiques de droite et du centre-droit, surtout par effet de désaccords et de dissensions du côté de la « droite alsacienne » mais également du côté de « La République En Marche » (LREM) ont abouti à une multiplication des listes officielles et dissidentes … contexte qui permet d’ouvrir le champ politique, en faveur de la gauche, mais aussi au profit de l’extrême-droite.

 

Une situation politique inédite pour les écologistes et la Gauche

Si ce panorama électoral inédit, laisse le champ libre, au RN qui continue sa progression régulière, cette situation apporte son lot d’espoirs à la gauche mulhousienne (LFI, PCF, GénérationS, collectifs citoyens et alternatifs… ) en mesure de faire un très bon score dès le premier tour. L’ensemble des formation de gauche réunies fait activement campagne autour d’Europe Ecologie-Les Verts … avec le soutien en externe de Pierre Freyburger (PS). Cette configuration de rassemblement n’était plus arrivée depuis les dernières élections municipales de 2008.

 

L’enjeu n’est pas des moindres. Au-delà de la possibilité de se retrouver en position d’accéder au second tour, il s’agit non seulement pour la gauche mulhousienne de reconquérir la ville autour d’un programme « écologique, social et démocratique » (voir dans ce dossier “ 3 Questions à Loïc Minéry ’’).

 

Une blessure politique profonde en 2007 avec Jean-Marie Bockel

Mais, bien plus, il s’agit de « réparer » une blessure politique profonde, ravivée en 2007, par Jean-Marie Bockel. Ce dernier qui avait pourtant gagné sous les couleurs du PS la mairie de Mulhouse en 1989, avait accepté de se rallier à la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy, en devenant secrétaire d'Etat à la Coopération (en 2007) et également en créant son parti politique « La Gauche Moderne ». Il ralliera à partir de 2012, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) (fondé par Jean-Louis Borloo en 2012).

 

Lors des élections municipales de 2008, Jean-Marie Bockel fait alliance avec l’UMP , réélu d'un cheveu, avec une avance de seulement 0,6%, face à la liste de gauche conduite par le socialiste Pierre Freyburger qui conteste le virage Bockelien. Ironie de l’histoire politique mulhousienne, explique Pierre Freyburger dans un ouvrage *, qui cite Jean-Marie Bockel alors que celui-ci, à la conquête de la mairie, dénonçait (en 1983) la dérive d’un autre maire mulhousien socialiste - celle d'Émile Muller - en ces termes : « Ce n'est pas le Parti socialiste qui a changé, c'est Émile Muller qui veut conserver la mairie à n'importe quel prix. Pour lui [Émile Muller], la reconduction de l'accord municipal avec les centristes et la bourgeoisie mulhousienne est incompatible avec l'union de la gauche. Mais Émile Muller et ses amis n'ont pas l'honnêteté de démissionner immédiatement du PS » * (p. 35, P. Freyburger reprenant les propos de Jean-Marie Bockel publiés in « Mulhouse, du passé au présent », de Jean-Marie Bockel et Eugène Riedweg, édition : J.-M. Bockel, 1983).

 

Depuis 1947, la trahison en chaîne des Maires SFIO et PS

Cette trahison en chaîne des maires, élus à gauche à Mulhouse, s’inscrit dans la durée. Nous avions expliqué (dans une contribution de l’Ovipal) ** que le seul maire resté fidèle à la gauche, fut Auguste Wicky (élu SFIO) : élu maire de Mulhouse en 1925, réélu et retrouvant une large majorité en mai 1929, malgré la participation de plusieurs socialistes aux listes présentées au second tour par les partis de droite. Il fut à nouveau réélu en mai 1935, après avoir obtenu l’union des partis de gauche (SFIO, PCF et radicaux) au second tour. Enfin, Auguste Wicky réélu maire en octobre 1945, entama la tâche immense de la reconstruction, dont l’achèvement nécessita plus d’une douzaine d’années.

 

Puis depuis 1947, tous les maires investis par la Gauche socialiste, qui succèderont à Auguste Wicky ***, feront connaître à la ville de Mulhouse une alternance politique virant du socialisme à la droite, en passant par le centre.

 

En 2020, la « Réparation » ?

Aussi, en 2020, la liste plurielle écologiste et de gauche saura-t-elle faire cette percée électorale tant attendue, non seulement depuis 2008, mais depuis plus de 70 ans ?

 

Cela s’inscrit dans le champ des possibles, d’autant que la « droite alsacienne » représentée par Michèle Lutz a pris le relais de Jean Rottner à la mairie en 2017 lors l’élection de ce dernier à la présidence de la Région Grand-Est. Pour rappel, Jean Rottner était arrivé à la mairie en 2010, alors adoubé par Jean-Marie Bockel. Ainsi, à droite et au centre, les électorats alsaciens et mulhousiens n’ont pas été épargnés par certaines trahisons politiques. De fait, les « trahisons » politiques à Mulhouse ne sont pas une spécificité appartenant à la gauche SFIO et socialiste. Ces catégories de l’électorat qui composent la droite alsacienne et celles du centre sauront vraisemblablement se le remémorer aussi le 15 mars 2020 prochain.

 

Nul doute que la partie de la gauche qui est restée fidèle à ses valeurs, présente, et désormais restructurée autour des écologistes, attend son heure.

 

Pascal Politanski

ovipal

10/03/2020                                                  

                                                                                       

Notes.

* Voir à ce sujet le livre « Bockel-Freyburger, la rupture » par Pierre Freyburger. Dans cet ouvrage, édité à compte d’auteur en 2007, Pierre Freyburger explique que l’itinéraire de Jean-Marie Bockel s’apparente à celui d’Emile Muller, maire mulhousien de 1956 à 1981.

** « Quel avenir pour le socialisme municipal à Strasbourg et à Mulhouse ? »

[https://www.ovipal.com/quel-avenir-pour-le-socialisme-municipal-a-strasbourg-et-a-mulhouse]. Mis en ligne sur le site de l’Ovipal, le 18/03/2014

*** Après Auguste Wicky, les maires mulhousiens seront les suivants : Lucien Gander (1947-1953) – RPF, Jean Wagner (1953-1956), SFIO, Émile Muller (1956-1981) – SFIO, puis MDSF, Joseph Klifa (1981-1989) - UDF-PSD, Jean-Marie Bockel (1989-2010) - PS, puis LGM, Jean Rottner (2010-2017) - UMP, Michèle Lutz (2017-2020) - LR.

 

 

Les listes en présence à Mulhouse :

Loïc MINERY : Europe Ecologie-Les Verts - MULHOUSE CAUSE COMMUNE

Michèle LUTZ : Droite - LR— MULHOUSE EN GRAND AVEC MICHELE LUTZ & JEAN ROTTNER

Julien WOSTYN (Extrême gauche) - LUTTE OUVRIERE-FAIRE ENTENDRE LE CAMP DES TRAVAILLEURS

Fatima JENN (Divers centre ex-LREM n’ayant pas obtenu l’investiture de LREM) - OSONS MULHOUSE

Romain SPINALI (Divers centre) - J’AIME MULHOUSE

Christelle RITZ (Rassemblement National) - RASSEMBLEMENT POUR MULHOUSE

Lara MILLION (Divers centre- LREM ayant obtenu l’investiture de LREM) MULHOUSE EN VRAI

 



10/03/2020
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 841 autres membres