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Le rassemblement national peut-il réussir une percée à Mulhouse ?

Dans un article précédent « le Rassemblement national et les municipales de 2020 en Alsace » nous évoquions la difficulté que représentent les élections municipales pour le Rassemblement national. Le Rassemblement national est en effet un parti à la sociologie électorale essentiellement rurale et périurbaine mais qui a du mal à présenter des candidats dans les zones rurales et périurbaines, constituées de petites communes.

La ville de Mulhouse constitue cependant une exception à ce schéma défavorable.

 

Mulhouse, une tradition de vote FN élevé

 

Historiquement, la ville de Mulhouse a une tradition de vote Front national élevé. Aux municipales de 1995, la liste FN, dirigé par Gérard Freulet, avait obtenu 30 % des voix au premier tour. Elle avait devancé la liste UDF-RPR, dirigée par Joseph Klifa, conduisant celui-ci à se désister au second tour en faveur de la liste de gauche dirigée par Jean-Marie Bockel dans le cadre d’une stratégie de Front républicain. Pour mémoire, à Strasbourg en 1995, la liste FN dirigée par Yvan Blot n’avait obtenu que 9 % des voix.

 

Au cours des années 2000, le FN subissait les contrecoups électoraux de la scission entre lepénistes et mégrétistes, qui se matérialisa aux municipales de Mulhouse, aussi bien en 2001 qu’en 2008 par une lutte fratricide entre Gérard Freulet, passé au MNR de Bruno Mégret puis au MPF de Philippe de Villiers, et la famille Binder qui avait repris l’étendard FN.

 

Mais aux municipales de 2014, la liste FN, dirigée par Martine Binder et débarrassée cette fois-ci de la concurrence Freulet, avait réussi à atteindre 22 % des voix au premier tour.

 

Cependant, si le FN à Mulhouse obtenait de bons scores aux premiers tours, aux seconds tours il se heurtait au rempart constitué par les partis politiques traditionnels, les socialistes en 1995 (Jean-Marie Bockel) et LR en 2014 (Jean Rottner). Mais avec l’effondrement de « l’ancien monde », il n’est pas certain que ce rempart existe toujours.

 

Le Rassemblement national et le nouveau monde

 

Pour les municipales de mars 2020, le Rassemblement national a choisi comme tête de liste Christelle Ritz. Christelle Ritz a commencé sa carrière politique chez les centristes. Elle avait été élue aux municipales de 2008 sur la liste de Jean-Marie Bockel et fut adjointe au maire de 2008 à 2013, sous Jean-Marie Bockel de 2008 à 2012 puis sous Jean Rottner de 2012 à 2013. Elle fut exclue du groupe majoritaire en 2013 et rejoignit le FN en 2015. A la différence des anciens dirigeants FN de Mulhouse Gérard Freulet et Patrick Binder, elle appartient à la nouvelle génération de dirigeants RN au profil « dédiabolisé ». Ceci devrait constituer plutôt un atout si le but est d’élargir au second tour le socle électoral du premier tour.

 

En fait, il est hasardeux de se baser sur les résultats électoraux du passé pour évaluer l’état actuel des forces en présence. Aux dernières européennes (2019), le RN et la LREM avaient fait jeu égal à Mulhouse avec 22% des voix chacun, loin devant les Verts (14 %), LFI (7 %) et LR (6 %). Mais l’offre politique pour les municipales de 2020 est très différente de ce qu’elle était aux européennes de 2019.

LREM ne présente pas de candidat mais soutient la liste dirigée par la conseillère départementale DVD Clara Million, ancienne membre de LR qui a quitté ce parti pour obtenir l’investiture de LREM.

 

Par ailleurs, le fait que la liste LR soit la liste de la maire sortante, Michèle Lutz, sur laquelle se trouve également Jean Rottner, devrait lui permettre d’obtenir un score plus élevé que le score de LR aux européennes de 2019. En fait, la victoire de cette liste signifierait le retour à l’ancien monde : elle signifierait le retour des ex-électeurs de LR, qui ont abandonné ce parti à partir de 2017. Ce n’est pas impossible. Mais ce n’est pas certain.

 

Quoi qu’il en soit, les jeux pour les municipales à Mulhouse sont extrêmement ouverts.

Il est évidemment peu probable que le RN l’emporte à Mulhouse. La question pour lui est plutôt de savoir jusqu’où il parviendra à repousser le plafond de verre qui pour l’instant pèse sur lui aux seconds tours.

 

 

Bernard Schwengler

OVIPAL

5 février 2020

 



06/02/2020
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